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10 décembre 2025 - Grande guérison

Dec 10, 2025

J’ai débuté la lecture du livre [La maîtrise de l’Amour de Don Miguel Ruiz] il y a quelques années de ça. Je lisais et rapidement mon esprit s’égarait. Je n’arrivais pas à m’accrocher aux mots et que ceux-ci fassent sens pour moi. J’ai cessé la lecture, puis l’ai reprise quelque mois plus tard, même phénomène. Je gardais tout de même le livre sur ma table de chevet, je savais que j’y reviendrais. J’y suis revenue il y a quelques semaines et j’ai finalement réussi à me laisser toucher par les mots. Voici un passage du livre qui guide l’écriture de ce texte et qui fait partie des déclencheurs de l’ouragan de catégorie 3-4 auxquels j’ai fait référence dans mon texte du 6 décembre.

Ce passage explique que le pardon est essentiel pour guérir. On croit souvent ne pas pouvoir pardonner parce qu’on a appris à garder l’orgueil et le ressentiment, mais cela ne fait que nous faire souffrir. Les gestes des autres parlent surtout de leurs propres blessures, pas de nous.
En comprenant cela, on peut cesser de tout prendre personnellement et pardonner plus facilement. L’auteur propose de faire la liste de ceux à qui l’on veut pardonner et de ceux à qui l’on veut demander pardon.
Finalement, le plus grand pardon est celui qu’on s’offre à soi-même, ce qui permet d’accueillir plus d’amour et d’acceptation intérieure.

Alors voilà, j’ai décidé, le jour de cette lecture, de commencer le chemin du pardon, en sachant très bien que même si je ne suis pas particulièrement rancunière, il y avait des situations de souffrance auxquelles je m’accrochais. J’ai simplement demandé à la Vie de m’aider sur ce chemin et de m’envoyer de la clarté. J’étais dans la douche (je crois beaucoup au pouvoir guérisseur de l’eau) et je me suis répété «tout ce que l’autre fait parle de lui, rien de tout ça n’a à voir avec moi» et j’ai soudainement eu un moment de grâce où j’ai revisité une situation de mon adolescence en empruntant cette nouvelle perspective.

Je me tenais avec les autres adolescents de mon village, nous étions peut-être une douzaine, tout au plus. Nous fréquentions l’école secondaire de la ville voisine et une chose en entraînant une autre, nous avons fait la rencontre d’autres adolescents, d’autres villages, qui se sont joints à notre petit groupe. Un beau jour, une de ces jeunes filles est venue dormir chez moi, c’était coutume à l’époque d’inviter nos amies à venir dormir à la maison. Alors que nous discutions dans mon lit, elle s’est approchée de moi et a tenté de m’embrasser sans crier gare. J’ai réagi en me reculant et en lui demandant ce qu’elle faisait d’un air surpris. Ça a créé un froid. La semaine suivante, elle racontait à tout le monde que j’étais bizarre et je ne devrais plus faire partie de leur groupe d’amis. Étant très peu confiante et ayant déjà vécu ce genre de rejet de la part d’amis lorsque j’étais enfant, je me suis résignée et ce jour-là je suis passée d’une vingtaine d’amis à plus aucun. Pas besoin de te décrire comment une adolescente de 15 ans a pu vivre cette situation. En peu de mots, j’ai été détruite et surtout j’ai cru tout ce que l’on racontait sur moi.

Alors ce jour-là, dans ma douche, en me répétant «et si ça parlait d’elle!?», j’ai finalement pu me rappeler de sa tentative de m’embrasser et de moi qui la repousse. Ce souvenir était occulté par le reste. La souffrance d’avoir été rejetée et de devoir passer mes grandes journées à l’école seule alors que tout ce qui comptait pour moi était de connecter prenait tellement de place que je ne pouvais pas voir sa souffrance à elle. L’éclair m’a traversé en quelques secondes, tout est devenu clair et j’ai senti un baume de guérison se déposer sur moi. Voici mon humble interprétation de la situation. À l’époque, l’homosexualité n’était pas tellement bien vue, douter de son orientation sexuelle à l’adolescence comportait sans doute son lot de souffrance. Elle devait possiblement se torturer dans ses pensées. Elle a senti en moi, une zone assez sécuritaire pour aller vérifier ce qu’elle ressentait à l’intérieur d’elle et moi je l’ai repoussé. Son premier réflexe, sûrement motivé par son désir de protéger sa réputation, a été de détruire la mienne. Je sais qu’elle n’a pas un seul instant réfléchi aux conséquences que ça aurait sur les 25 prochaines années de ma vie. Aujourd’hui, je la comprends et je lui pardonne. Elle ne m’a pas attaqué, elle s’est protégée. Ça fait 25 ans que je parle de cette période de ma vie, que je lui donne beaucoup d’importance et que ça a une incidence sur absolument toutes mes relations d’amitié et amoureuses. Tu comprends qu’il me reste un petit bout à faire pour arriver à me pardonner à moi-même d’avoir cultivé autant de poison émotionnel sur autant d’années. J’ai tellement souffert et je souffre encore de cette grande solitude que j’ai moi-même créée. Je sais que je peux renverser la vapeur, c’est le chemin que je suis en train de marcher. Parfois, j’ai des moments d’épiphanie et j’arrive à m’ouvrir totalement et sans rien craindre. D’autres fois, j’oublie que je suis aimée inconditionnellement par la Vie et que c’est ça que je veux voir grandir en moi.

Cette réalisation est très récente, je ne peux pas encore évaluer l’impact que ça aura sur ma vie. Cependant, je peux te dire que le fait d’enlever cette couche m’a permis d’accéder à d’autres coins d’ombre de ma caverne personnelle. Et comme je fais le choix de voir et entendre ce qui veut se révéler et bien ça donne parfois un ouragan de catégorie 3-4. Comme hier, où j’ai été confronté par quelqu’un qui a remis mon intelligence en question. Sur le coup, je n’ai pas été en mesure de me réguler, le vent s’est levé en moi, la température à grimper dans ma poitrine et j’ai réagi. Ensuite, j’ai ruminé mon poison émotionnel dans ma prison mentale pendant de longues heures. J’étais très consciente que je nourrissais la bête, mais c’est tout ce que j’arrivais à faire à ce moment-là. Une fois seule dans ma voiture, j’ai laissé l’espace à toutes mes émotions d’exister. J’ai pleuré toute la durée de la route du retour. Plein de souvenirs sont revenus à la surface et surtout plein de sensations inconfortables y étant associées. C’était comme revoir le film de mes blessures en accéléré avec en prime toutes les traces qu’elles ont laissé. J’ai eu quelques moments où j’aurais souhaité que ça cesse en me questionnant à savoir si je voulais vraiment revivre tout ça. La réponse est toujours oui, sans équivoque, en mettant parfois le processus sur pause. C’est ce que j’ai choisi hier soir en mangeant mes émotions et en fuyant en écoutant la télé. Ça m’a donné une pause. Et dans la nuit, tout ça a bien su me retrouver. Je me suis souvenue de Joanie Lacroix qui nous partage comment elle laisse les émotions la traverser en se couchant sur le dos les bras ouverts. J’étais dans mon lit, totale insomnie, c’était propice à faire l’étoile sur le dos et me laisser submerger. J’ai pleuré à en avoir les oreilles remplies de larmes. Je voyais une situation et je faisais le chemin de conséquence que ça avait eu dans ma vie et je pleurais. Pour une fois, je n’ai pas voulu aller mieux sur le champ et trouver une solution pour ne plus ressentir l’inconfort. Je n’ai pas fui, je n’ai pas rationalisé, j’ai juste ressenti. Il y avait beaucoup à ressentir, ça a duré quelques heures et je sais que ce n’est pas terminé. Ce n’est qu’un début en fait. Je suis en train de réaliser à quel point mes pensées ont teinté ma vie. Je le savais déjà et je l’observe bien dans l’ici et maintenant, mais là c’était profond et puissant. Un moment de grande guérison.

J’ai toujours voulu aller mieux, sans admettre que ça n’allait pas. Ce matin, j’écrivais à mon amie « Je veux…je sens que je dois m’autoriser d’avoir été blessée, me laisser cet espace où je souffre…le traverser au complet…pas juste le mettre de côté et regarder dans une autre direction ». En relisant le passage du livre que je vous ai partagé plus haut, je comprends que je me suis moi-même infligé ces souffrances. Me connaissant, je dois faire attention de ne pas tomber dans l’autoflagellation. Je souhaite plutôt revoir chacune de ces histoires en revoyant le rôle de chacun sans prendre leur agissement sur moi. Personne n’est responsable, mis à part moi, de comment j’ai vécu ma vie. Et je sais que j’ai toujours fait et que je fais encore, du mieux que je peux. Si c’est vrai pour moi et bien c’est aussi vrai dans l’autre direction. Je me pratique tous les jours à essayer de comprendre ce qui se cache en dessous des réactions et paroles des autres et plus je prends une distance avec ça, plus je reviens à moi et plus je sens la possibilité que l’Amour grandisse en moi. Pour un jour, prendre toute la place!

Ce texte a été écrit en entier par une humaine en processus, l’IA ne s’en ai pas mêlé, sauf pour m’aider à trouver quelques synonymes. Si tu aimes ce que tu lis, si ça résonne en toi, laisse un commentaire sur ce que ça t’a fait voir en toi, partage-le, mets un «j’aime». Je te verrai et me connecterai à toi dans l’invisible. Merci de me voir et m’entendre, ça compte beaucoup dans mon processus.

© 2025 Jolyane Michaud – une humaine en processus

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Références :

La maîtrise de l’amour – Don Miguel Ruiz, p132-135.

Joanie Lacroix - Pastel fluo https://www.pastelfluo.com/

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